Il y a quelques temps, Alias AKA a fait un article sur les trucs énervants que font les jeunes parents (et les moins jeunes aussi). Si j’ai eu envie de réagir, avec l’autorisation de la demoiselle quand même, c’est parce que j’ai très bien compris ce qu’elle voulait dire.

Je pensais à peu près pareil… avant d’avoir des enfants.

1. L’enfant qui se met à hurler dans le rayon du supermarché, ou au resto, ou ailleurs c’est une plaie pour les oreilles des autres. Pour les nôtres aussi, sois rassurée. Oui, oui, faut pas croire que les hurlements de ton propre moufflet ne te vrillent pas les tympans à toi aussi. Alors tu essayes de te montrer responsabilisante d’abord : « Tu sais on n’est pas à la maison ici, il y a d’autres personnes et ça les dérange ». Le moufflet en colère/frustré/fatigué n’en a cure, j’aime autant te le dire.

Après tu peux essayer la menace, du style « Si tu ne te calmes pas, tu vas être puni de télé, DS, chocolat, etc ». En règle général, ça ne marche pas non plus et tu auras droit à une autre crise au moment où il voudra regarder la télé, jouer à la DS ou avoir du chocolat (mais là vraisemblablement tu seras chez toi, et ça dérangera juste toi et tes voisins si tu en as).

Tu peux le menacer d’une fessée et passer à exécution, sache que ça ne fera qu’envenimer la situation. Le moufflet sera en plus vexé et te le fera payer en redoublant de hurlements.

Oui, il faut savoir une chose l’enfant est irrationnel parfois et sa capacité hurler à la mort est inversement proportionnelle à la patience dont est capable de faire preuve l’auditoire.

L’intello à lunettes m’a été fourni avec une option larmes de crocodiles et air de chien battu qui donne le mauvais rôle à maman, Attila est muni d’un système anti-patience qui consiste à se jeter parterre en poussant des cris stridents. J’ignore encore ce que me réserve bébé-mini-glouton qui dispose pour l’instant d’un mode de calmage qui s’active à l’aide d’un simple quignon de pain ou d’un biscuit.

colere

2. Le dédoublement de personnalité et l’emploi de « Maman » à la 3ème personne pour parler de soi, je plaide coupable. Je croyais que c’était réservé au premier bébé, quand il ne parle pas encore et qu’on a tellement tellement envie qu’il dise enfin « Maman » qu’on essaye de lui bourrer le mou à longueur de journée. Et force est de constater que non seulement cette phase-là dure chez moi encore longtemps après que le moufflet sache parler, mais qu’en plus je remets ça à chaque bébé.

3. L’utilisation de vocabulaire propre à la maternité, c’est un peu comme dans l’informatique, ça donne l’impression qu’on maîtrise grave. Alors que pas du tout.

Et pour moi une grossesse ça se compte en mois (de 1 à 9, ça va c’est pas trop dur) et pas en semaines, encore moins en jours…  Et au-delà de 10 mois, j’arrête de compter l’âge des enfants en mois, ça en devient ridicule je suis d’accord ! Sans compter celle qui va te parler en « zieme » c'est-à-dire que son môme il est entré dans son 13ème mois, ce qui veut dire qu’il a 12 mois donc 1 an, quoi. Tu suis ? …. Moi non plus et c’est pas grave.

4. Oui la politesse c’est important. Oui, je suis polie. Mes enfants apprennent la politesse, parce qu’on leur inculque et parce qu’on leur montre et qu’ils sont dans l’imitation (pas que pour la politesse, malheureusement).

Et oui par contre, une copine qui se permettrait de reprendre mes enfants là-dessus je pense que ça m’agacerait un tantinet. Et quand je dis un tantinet, c’est pour être polie. Ils sont en apprentissage, pas besoin de leur brandir chaque erreur, chaque loupé comme une faute impardonnable.

5. Sur les prénoms, je n’ai rien à dire, les miens ont des prénoms classiques, même si l’un d’eux est devenu « mode » et donc répandu. Mais oui moi aussi parfois j’hallucine devant les prénoms de certains enfants à l’école, et j’hallucine une 2nde fois quand je vois comment ça s’écrit.

6. Je ne veux pas non plus empêcher mes enfants de s’exprimer, je ne veux pas leur cacher les choses importantes qui se passent dans nos vies. Je ne pense pas les prendre pour des idiots et je fais en sorte de répondre le mieux possible à leurs questions. « Pourquoi les oiseaux ça vole ? », « Pourquoi la lune on peut pas la toucher ? », « Pourquoi y’a des avions qui mettent la tête en bas et pas les autres ? », « Comment on monte dans une fusée ? », « Il est quelle couleur le drapeau du Zimbabwe ? », « Qui c’est DSK ? ».

Mais… j’avoue que parfois, s’ils pouvaient se taire… (Il m'arrive de rêver d'un bon rouleau de scotch)

 

Oui, on a plein d’idées plus ou moins préconçues tant qu’on n’a pas ses propres enfants. Moi par exemple, je me disais qu’ils seraient pas gâtés pourris à chaque Noel et anniversaire. Ben non, tu vois, ils sont pas gâtés pourris QUE pour Noel et leurs anniversaires. Y’a aussi Pâques, les anniversaires des autres (faut bien qu’il y ait un petit cadeau pour chacun, ça évite les jalousies), la rentrée des classes, le printemps, et toutes sortes d’occasions.

Je me disais que je leur apprendrais le goût des vraies choses, et pourtant je cède parfois au repas jambon-chips et il ne se passe quasi pas une semaine sans que je les amène voir Ronald.

Je me disais que je ne les transformerais pas en accros de la télé, mais quel bonheur de s’accorder un petit répit en les installant devant un DVD.

 

Et je me disais aussi que j’en aurais que deux. J’en ai déjà trois et je ne suis pas sûre de m’arrêter là… T'y comprends quelque chose, toi ?