Mais qu'on me foute la paix ! Entre les "bon c'est pour bientôt, là ?!" qu'on me sert depuis au moins 3 mois déjà et les appels qui commencent tous par "t'es pas à la maternité ?", je commence à avoir envie de hurler !!!

Pour mon premier bébé, j’étais tellement impatiente que je ne m’arrêtais pas pour essayer de provoquer l’accouchement. Lui, il n’était pas pressé, il s’est pointé à J+2, quand je commençais à croire que l’accouchement n’était finalement qu’un mythe sensé effrayer les nullipares, et qu’un jour à la maternité on finirait par me donner un bébé pour que je rentre chez moi et que je leur foute la paix. Mes valises étaient prêtes depuis le début de mon congé maternité, et j’avais acheté toutes les affaires de toilettes en double pour être sure de ne rien oublier dans la panique du grand jour. J’ai tenté tous les trucs qui sont réputés faire déclencher le travail : faire les vitres, marcher, monter des escaliers (facile j’habitais un 8ème étage à l’époque), faire du ménage.

Résultat : j’avais un appart nickel mais j’étais en friche parce que j’osais pas aller chez l’esthéticienne ou chez le coiffeur, tu sais pourquoi ? Parce que j’avais peur de perdre les eaux avec les cheveux à moitié coupés ou une seule aisselle épilée. Ouais ça rend con la grossesse, c’est pas nouveau. Et mon accouchement a duré si longtemps que j’ai du retourner chez moi et j’aurais pu emballer tout l’appart, tellement ça s’est éternisé.

Pour la deuxième, du coup, je me suis dit que j’allais pas me faire avoir ! 3 semaines avant la naissance je vais chez le coiffeur, faire refaire mes mèches. Même pas peur de devoir être emmenée par les pompiers avec l’alu sur la tête, je n’y pense même pas. 10 jours avant j’hésite à aller chez l’esthéticienne le lendemain, parce que ce sera une veille de pont du mois de mai, si j’y allais le samedi il y aurait moins de monde. Pourtant j’y vais quand même, et sur le chemin du retour je m’arrête pour acheter les bricoles qui me manquent pour le séjour en maternité. J’avais tout, mais les valises n’étaient pas prêtes, j’avais profité du temps libre pour faire ce qui me faisait envie et profiter du beau temps. En rentrant chez moi cet après-midi là, les parents du Macho sont là, sa mère me dit : “il est descendu ton ventre, tu vas accoucher demain !”, ce qui a eu pour seul effet de me faire bien rire. J’ai commencé à préparer ma valise à 1h du matin, après avoir été réveillée par une énorme contraction. J’abandonnerais en cours de route pour me recoucher, mais le soir-même on repartira à la maternité.

Résultat : le “tu vas accoucher demain” a été un électrochoc, j’ai préparé ma valise, nettoyé la maison, pris une longue douche et fait mon brushing avant que les contractions ne se déclenchent. On a commandé une pizza, fait venir les beaux-parents pour récupérer le grand, et une fois que tout a été prêt, j’ai perdu les eaux et on est partis à la maternité à 23h (heure affichée dans la voiture quand j’y suis montée) pour une poulette qui naitra à… 23h33. Le même jour, si, si.

Et pour la troisième, je suis allée chercher le Macho le lundi matin, 8 jours avant mon terme, il revenait d’un mois d’absence. On était mi-août et j’en pouvais plus d’être seule avec les deux plus grand, sans personne pour m’aider. Là, j’apprends que le Macho travaille le lendemain, alors je prends mon après-midi et je lui laisse les enfants, j’ai besoin de temps pour moi. Bien trop court pour rattraper tout ce que je voudrais faire, mais un petit sas de décompression. Le lendemain soir, mardi donc, on partira à la maternité.

Résultat : timing incroyable, elle a attendu que son père rentre, que je me sois fait arracher les poils et que j’ai pris de la lecture à la bibliothèque pour se pointer… le jour de l’anniversaire de son grand-père.

 

Et le prochain ? On verra bien ! La valise n’est pas prête, mais je pense avoir tout ce qu’il faut. Je veux juste profiter de mes derniers instants de solitude totale, quand l’homme et les enfants ne sont pas là et que le calme règne à la maison, pas de télé, pas de cris. Je savoure et j’en profite pour me reposer et m’occuper de moi, faire ce que je peux pas faire le reste du temps quand ils sont tous là, en attente. Je me suis fait les ongles, un masque sur le visage, j’ai lu (le vrai luxe, lire sans être dérangée), j’écris en buvant un café…

Je ne suis pas pressée d’accoucher, il me reste presque deux semaines, et je compte bien les savourer, en intimité totale avec ce bébé qui gigote et qui prend des forces (et du poids) ! C’est ma dernière grossesse sans doute, je ne veux pas gâcher ces derniers moments.

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