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Une meilleure amie c'est celle avec qui on partage tout. Celle qui sait tout. Celle à qui on n'a pas besoin d'expliquer pour se faire comprendre. Celle qui est d'accord sans qu'on ait besoin de la convaincre. Celle qui ne juge pas. Celle qui pleure quand on pleure. Celle qui se réjouit quand on est heureuse. Celle qui participe à nos plans foireux et qui nous entraîne dans les siens. Celle avec qui on se prête des fringues et des chaussures. Celle avec qui on peut passer des soirées entières à discuter, si possible pour bitcher sur les autres. 

Et puis un jour, l'éloignement. Pas physique, un éloignement plus pesant encore. Petit à petit, l'incompréhension s'est insinuée entre nous, lentement, sournoisement mais sûrement. Elle est celle qui a décidé, moi celle qui a subi. Un jour, elle n'a plus été là pour moi. Une histoire de garçon, qui ne lui plaisait pas selon ses propres dires, aura eu raison de notre amitié. 

Quand j'ai compris que notre amitié était finie, qu'elle avait décidé de façon unilatérale qu'elle avait d'autres amies qui étaient incompatibles avec moi qu'est ce que j'ai fait? Rien. J'ai encaissé, sans vraiment comprendre. J'avais d'autres copines avec qui j'en a ai parlé, elles m'ont conseillé d'aller la voir de l'obliger à me parler mais j'ai pas eu envie. Ou pas eu le courage. Bref, j'ai rien fait. C'était un peu comme tendre l'autre joue. 

D'ailleurs, j'ai eu le deuxième effet "Paf dans ta gueule" un soir à la fin de l'année scolaire. Elle participait à une soirée chez des amis juste à côté de chez moi, je n'étais pas là et pour cause, j'étais un peu devenue "persona non grata" auprès de ce groupe là... Vers 2 ou 3 heures du matin, deux de ses potes (un que je connaissais mais pas l'autre) sont venus frapper chez moi, je ne voulais pas ouvrir mais j'ai pas voulu les laisser réveiller tous mes voisins, ils ont insisté pour que je les rejoigne à leur soirée ce que j'ai refusé. Environ 15 minutes plus tard, ils sont revenus s'excuser, l'ambiance de leur soirée était bien retombée (j'entendais depuis chez moi), je leur ai demandé de partir avant de m'effondrer devant eux. Une fois qu'ils ont été partis, j'ai pleuré, pleuré. Une autre de mes voisines avait eu droit à des insultes de la part de l'équipe ce soir là... 

Malgré tout ça, et les années écoulées, parfois je me demande ce qu'elle devient. J'ai suivi de loin ce qu'elle devenait pendant un an ou deux. J'avoue que je me suis vaguement réjouie quand j'ai su qu'elle avait raté sa 2ème première année de DEUG. J'avoue que je me demande aussi si elle a eu des regrets, des remords. 

Avec le recul, je me dis que finalement tout ça m'a fait grandir, ça m'a obligée à aller un peu plus vers les autres pour ne pas être trop exclusive et revivre la même déception. J'ai appris à me méfier un peu plus, à me livrer un peu moins. Je suis aussi redevenue un peu plus solitaire, au moins on n'est pas déçu si on n'attend personne.

Il y a quelques années quand je suis arrivée dans la région où je vis aujourd'hui, je ne connaissais personne. J'ai mis des années à lier quelques connaissances. L'homme m'a fait la remarque à une époque sur le fait que j'étais une sauvage et que je n'avais pas réussi à me faire de copines.  Et aujourd'hui? J'ai plusieurs copines qui habitent à côté de chez moi et je commence à connaître pas mal de monde dans le village. Et du coup, l'homme râle parce que je passe du temps à discuter avec les copines ou au téléphone!